Tout autour il y a des champs
Tout autour des taches de lumière
Des fleurs
Des voutes en dentelles de pierre
Et dessous des moines en prière
Des chœurs
J’ai oublié toutes ces pages
Je n’obtiens rien en caressant les murs
Je meurs
Dans une autre mémoire
Dans une autre vie
Je demeure

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Une foule dense couvre les quais et chacun agite qui un foulard, qui un chapeau ou simplement sa main, un homme regarde vers l’immense bateau un petit point au bastingage, c’est la femme de sa vie qui part sans retour pour d’obscures raisons, elle pleure elle aussi et on ne saura pas d’avantage pourquoi. Fondu au noir sur le navire qui s’éloigne, bruit de sirène, musique et générique.

Fin d’une histoire dont nous n’avons vu que le dénouement mais si classique et familière pourtant, les histoires d’amour les plus célèbres finissent mal, des plus lointaines comme Tristan et Iseut à de plus récentes comme l’écume des jours les auteurs se sont ingéniés à construire les passions pour mieux les défaire et paradoxalement c’est ce que nous aimons. Mais pourquoi ce goût du bonheur inachevé ? Peut être pour en préserver la force dans la mémoire et ne pas assister au naufrage de la passion dans l’océan du quotidien.

Ce ne sont que des histoires qui ressemblent un peu à la vie, comme celles qu’on raconte aux enfants pour les rendre sages, nous aussi on nous endort, la réalité c’est que chaque jour peut être le dernier et que chaque jour il faut dire combien on les aime à ceux qui peuvent l’entendre.

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Tout au long des saisons elle pouvait contempler la mer sans se lasser
Les lueurs du jour à l’est comme à l’ouest la noyaient parfois de métal
Avec douceur et patience elle observait sur la plage nos jeux de l’été
Sachant qu’au bout de la ronde c’est avec elle que nous achèverions le bal

Compagne sur la grève
Ses jambes caressent l’eau
Je pense encore à ce rêve
Avec à ses pieds un bateau

Je la contemple sortie droit de ma mémoire
Cette maison posée auprès du grand miroir

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Vêtue de néon et de soie vous  avanciez dans la nuit
La ville dansait sur moi comme endormie
Un bijou éclairait vos yeux
Nos mains s’effleuraient un peu
Et rien ne semblait vrai
La pluie qui tombait
Le regard des passants
Le votre, cafard
Nos pas qui faisaient semblant
Glissant sur le trottoir
Au rythme chaotique d’une enseigne de bar
Comme un tango qui attire et repousse dans le noir

nuit

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Parce que parfois, le temps d’un sourire, je te rencontre dans le miroir
Flotte là, entre poudres et parfums, un air de tendresse
Un goût de manque lorsque je m’y vois sans toi
Un reflet qui me fait rester là

J’aime alors si fort le silence
Et la mémoire qui le remplit de ta présence
Une douce torture ou peut être une cruelle caresse
Qui me font dessiner dans l’air paupières closes, la forme d’un espoir

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L’une s’éclipse quand l’autre se couche
Entre les deux je vois le monde
Lune pâle sous un nuage démembré
Ou rousse qui s’expose cheveux défaits

Je vois un monde incertain qui tremble
L’abandon, la paix où il faut descendre
Pour demain peut être revenir sur mes pas
Et reposer là les bras sagement posés sur le drap

Chasseur de lune qui cherche en vain
L’autre qui me tient
Garçon de course qui me livre ivre
Garçon tout court qui joue à vivre

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Derrière les doigts croisés je regarde
C’est un coin surgi de l’oubli
Une étincelle qui danse et m’éblouit
Une plaine riche de promesses
Et il ne faut plus de paroles
Seules comptent les mains
Celles que je tiens
Et par dessus, les baisers qui s’envolent

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Le sable sous les paupières
Endort l’image de corps allongés
Et le rêve immense encore vague
Fait une révérence au passé
Entrouvre des rideaux lumineux
Plus fins que le silence
Plus légers que l’absence

Demain sans plus de bruit
Fleurira dans les regards
L’espoir d’un jour sans colère
Et sur les lèvres un sourire à la vie.

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Elle connait les chemins de la raison
Met fin à la nuit et disperse les brumes
Avec des mots qui sonnent clair comme des matines

Elle agite ses mains dans la maison comme des papillons
Remplit l’air d’un doux murmure
Et l’abandon fond sous son regard limpide

Je suis vivant

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L’empreinte de ta voix me fait signe de loin
Un message presque serein
Car c’est ainsi que j’aime le voir
Plus sage que mon courage
Prenant son envol et se courbant sur une plage

Rose à l’intérieur de la fange
Elle bat encore ce matin et dérange
Cette breloque futile chargée de tes parfums
Pourtant bien rangée entre deux pages
Serrée dans ma vie comme une image

Les astres ne se ressembleront pas
Ni l’heure des jours, ni même nos draps
Ni la certitude d’exister comme un lierre
Qui s’enroule autour de tes messages
Autour de tout ce qui me rappelle ton visage

Lierre

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